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Eloge du carburateur

Message Publié : dimanche 5 décembre 2010 à 14h46
Le titre de ce fil est éponyme de l'ouvrage de Matthew Crawford (voir ou encore ), consacré à la valeur en soi du travail manuel.
Depuis ma première jeunesse, assis dans un coin de l'atelier ou du garage dans lequel mon père bricolait, faisait ses rodages de soupape ou autres constructions mystérieuses, ou plus tard faisant du mécano en vrai avec moteurs et freins de 4L ou de 2CV, de la photo les doigts dans l'hyposulfite, ... il m'a été nécessaire de me confronter à la matière.

Entre autres restaurations, je me suis pris d'affection, l'année dernière, pour une pendulette dite "d'officier", un mouvement du 19ème siècle reposant sur un balancier à ressort, trouvée au fond d'un placard en débarrassant.

La pauvrette était fort sale.




Démontage complet, nettoyage, huilage, remontage...
Là ça va un peu mieux :


(sur la droite, le "coeur", à savoir le balancier à ressort)


Un dernier coup de chiffon...



Mais la pendulette a d'abord fait pschitt : probablement trop d'huile trop visqueuse, elle n'a pas voulu repartir. Dans un cas pareil, la patience s'impose : un an plus tard, elle est repartie à la première sollicitation. Trônant sur mon bureau, tictaquant vaillamment, elle est désormais en cours de réglage ...


Message Publié : dimanche 5 décembre 2010 à 15h04
Bravo et félicitations ! :wink:

Je suis aussi intervenu sur des carburateurs de 2CV. Au temps de l'injection électronique et des contrôles anti-pollution, je reste spectateur. :(

J'ai une cousine de cette pendulette d'officier, qui aurait elle-aussi besoin d'un "nettoyage". Elle marche couci-couça. :wink:

Message Publié : dimanche 5 décembre 2010 à 19h26
Excellente initiative! Ce fil comble une grosse lacune.

J'en profite pour rappeler le célèbre livre de Robert Pirsig : Traité du Zen et de l'entretien des motocyclettes

A propos de la pendulette, un détail me chiffonne, la prise que l'on voit à l'arrière droit ne trahirait-elle pas une customisation fort éloignée de sa vocation première ?

Message Publié : dimanche 5 décembre 2010 à 19h44
Félicitations
Voilà quelque chose que je suis bien incapable de réaliser: démontage et remontage d'une mécanique quelle qu'elle soit :rollr: :-x
Je suis admiratif

Message Publié : dimanche 5 décembre 2010 à 20h23
par HB
Une roue de voiture, Michel ?

Message Publié : dimanche 5 décembre 2010 à 20h49
Oui, cela est dans mes capacités :D: :wink:

Message Publié : dimanche 5 décembre 2010 à 20h53
par HB
Tu vois que tu es bon à la chose mécanique :wink:

Message Publié : lundi 6 décembre 2010 à 0h30
orville
Excellente initiative! Ce fil comble une grosse lacune.

J'en profite pour rappeler le célèbre livre de Robert Pirsig : Traité du Zen et de l'entretien des motocyclettes

A propos de la pendulette, un détail me chiffonne, la prise que l'on voit à l'arrière droit ne trahirait-elle pas une customisation fort éloignée de sa vocation première ?



Ah que de souvenirs!!!!

Ça a été mon livre de chevet pendant des longues années, lu et relu, usé comme le pneu de sa petite moto dans le fin fond du Montana :pique:

Démonter une mécanique c'est une suite d'événements qui ont une logique qui leur est propre et parfois cette logique est un peu décalée du sens commun, donc c'est avant tout un travail intellectuel pour trouver la "clef" de ce nouveau système; après que ça soit un vélo ou une moto voire une voiture ancienne ça change peu amha.

Ecouter le moteur de sa moto pendant qu'on roule est aussi fondamental quand on va faire beaucoup de Km avec; et ce n'est pas simplement la question de "voir arriver" une panne :-x
Je dirais que c'est une partie intégrante du voyage, c'est comme "écouter" le corps de sa/son bien aimé pendant qu'on fait l'amour :bise:

C'est assez passionnant :marteau:

PeppinO O MeccanicO

Message Publié : lundi 6 décembre 2010 à 11h49
Bravo pour l'adaptation du modele de pendulette 19eme sur port USD2.0, cela n'a pas du etre facile, surtout pour les reglages des fuseaux horaires et les appli iphone... :kl:

J'aimerai avoir la patience necessaire a ce genre de travail minutieux.

crdlt.
Antonin

Message Publié : lundi 6 décembre 2010 à 11h56
par Tromer
Je pense que le plus difficile a été de réaliser la connection bluetooth avec la montre bracelet...
:mrgreen:

Message Publié : lundi 6 décembre 2010 à 22h21
Merci pour les encouragements.

danyves
J'ai une cousine de cette pendulette d'officier, qui aurait elle-aussi besoin d'un "nettoyage". Elle marche couci-couça. :wink:


Pas de souci, lors d'un de tes passage en Ile de France je peux lui faire un petit graissage, plus si affinité. :mask:

A propos de la connection RJ45-USB, je précise que le plus difficile a été de placer la boite de haricots dans la boucle.

Une grande soeur

Message Publié : mercredi 15 décembre 2010 à 21h48
Voilà une grande soeur de la pendulette d'officier.
L'horloge de ma grand-mère, avec une sonnerie à roue de compte.
Je n'ai pas eu besoin de la démonter, juste un peu de dégraissage.

Elle est en cours de réglage, fixée sur une planche en attendant de réintégrer sa boite.




Message Publié : mercredi 15 décembre 2010 à 22h23
J'aime suivre les sujet du Pote, quels qu'ils soient !

Message Publié : mercredi 15 décembre 2010 à 23h14
coignet
J'aime suivre les sujet du Pote, quels qu'ils soient !


Très bien, alors il va y avoir une suite, j'ai une pendule de cheminée, assez propre, à faire, et surtout une comtoise en acier en mauvais état...
J'ai toujours eu besoin de travailler de mes mains, c'est ce qui m'avait amené à la photo (Nikon F, Priox 4"x5", plans films, ...), mon boulot a longtemps été en partie manuel (faire fonctionner des spectromètres de masse divers et variés).
C'est aussi le côté mécanique qui m'avait attiré vers le leica M.

La roue tourne, j'ai changé de travail et d'appareil photo... :(

Reste les pendules ! :D:

Message Publié : lundi 20 décembre 2010 à 21h49
Voilà une vénérable comtoise, que j'ai toujours connue chez ma grand mère.

Après de décennies, je me suis décidé à ouvrir sa boite. Hélas, l'humidité et le manque d'entretien ont sévi. La pauvre est en très mauvais état, les parties en acier sont rouillées, enfin bref...







Le démontage, tout d'abord, avec photos intermédiaires...



Le nettoyage a commencé. A base d'huile de coude, de toile émeri, et de quelques astuces maison. La partie horloge est remontée à blanc, pour faire joli. La partie sonnerie va attendre un peu...


Message Publié : lundi 20 décembre 2010 à 21h52
Tu m'impressionnes, Jacques, pote! :shock2: :D:

Message Publié : lundi 20 décembre 2010 à 22h02
Proteus
Tu m'impressionnes, Jacques, pote! :shock2: :D:


Ce qui est réellement impressionnant, c'est la qualité de fabrication, acier et bronze, notamment les coussinets insérés probablement à chaud dans l'acier forgé (acier chaud et coussinet froid, je veux dire) puis percés, tout cela fabriqué sans aucun outil électrique, bien entendu. Chapeau bas...

Message Publié : mercredi 22 décembre 2010 à 9h36
Très beau fil...
J'aime moi aussi démonter tout ce qui traine, parfois juste pour enlever un peu de poussière: ampli, lecteurs, appareils photos, objectifs...
parfois je prends des risques: j'ai bien cru que je n'arriverais pas à remonter un elmarit :shock2:
Jacques, avec quoi nettoies-tu tes pièces d'horloge?

Message Publié : mercredi 22 décembre 2010 à 21h45
Exoflux
Jacques, avec quoi nettoies-tu tes pièces d'horloge?


ça dépend de la pièce (acier ou bronze) et de la saleté (sèche, grasse, oxyde ou rouille).

Côté produits il faut de l'essence (j'utilise du mélange deux temps périmé, un peu huileux c'est parfait), parfois une bombe de nettoyage de contacts, de l'alcool, des nettoyants pour métaux (Stan ou Mirror), du dialux, ...

Côté ustensiles, toile émeri (acier), brosses de laiton plus ou moins dures, brosse de soies d'horloger, cordes de guitare, vieilles cartes de crédit (pour gratter), micro-brosse métallique douce de modélisme (genre Dremel ou Triplex) et autres accessoires,...

Plus les petits outils pour démonter et remonter tout ça, tournevis, pinces, brucelles, loupes, ...

Dans le quartier du Temple, à Paris, ou trouve des boutiques qui vendent tout ça, Selfor par exemple, ou sur internet Atlantime.

Message Publié : jeudi 23 décembre 2010 à 6h08
Impressionant! J'ai toujours aime ces vieux mecanismes, j'en ai demonte pas mal.... les problemes sont arrives lors du remontage :mrgreen:
Depuis je m'abstiens et j'admire.

Message Publié : samedi 25 décembre 2010 à 21h24
Hier démontage du mécanisme de sonnerie :




Ensuite début de nettoyage du bâti et surtout de toutes les pièces. Je les stocke partie par partie dans des pots de récupération, fromage blanc, yaourt, ...



On aperçoit un morceau de pâte à polir Dialux vert : j'ai dû employer les grands moyens pour certaines pièces. Sinon tout est poli à la micro-brosse, pour éviter une ré-oxydation trop rapide.

Message Publié : samedi 25 décembre 2010 à 22h34
Disposant de si intéressantes petites merveilles, tu n'as aucun mérite à t'en occuper (avec passion, je crois comprendre). :wink:
J'aime bien les "vieux trucs" (les vieux objets, je veux dire ou les vieux bouquins, ...etc) et je passe régulièrement de bons bouts de temps dans les brocantes. Sais-tu de quand date cette comtoise? Quelle est l'utilité de ce "cordage" (je croyais que le mouvement du mécanisme était assuré par un pendule)?

Message Publié : dimanche 26 décembre 2010 à 1h35
Je crois qu'il y a un poids suspendu au bout de la corde qui se déroule doucement pour entretenir le mouvement et qu'il faut remonter régulièrement, le pendule servant d'oscillateur au mécanisme. Me trompe-je?

Message Publié : dimanche 26 décembre 2010 à 10h46
Solange
Disposant de si intéressantes petites merveilles, tu n'as aucun mérite à t'en occuper (avec passion, je crois comprendre). :wink:
J'aime bien les "vieux trucs" (les vieux objets, je veux dire ou les vieux bouquins, ...etc) et je passe régulièrement de bons bouts de temps dans les brocantes. Sais-tu de quand date cette comtoise? Quelle est l'utilité de ce "cordage" (je croyais que le mouvement du mécanisme était assuré par un pendule)?


Je ne suis pas spécialement passionné, intéressé dirais-je. Ce qui me passionne, c'est plutôt l'art manuel qui a présidé à ces constructions, ainsi que le processus continu d'innovation. Voit par exemple "L'île du jour d'avant", d'Umberto Eco.

Je ne connais pas la date de ce mécanisme. 19ème très probablement.

Le principe est simple (et Antochine a raison) :

- Un oscillateur donne la base de temps. Sur une comtoise c'est un balancier de type pendule simple (ah les problèmes de terminale avec T = 2pi racine(l/g)). Sur la pendulette du début du fil, c'est un balancier à ressort, volant d'inertie monté sur un ressort spiral. Sur une pendule de cheminée ou murale à balancier court, le balancier est monté sur une suspente à lame de ressort qui permet de raccourcir la tige du balancier tout en ralentissant sa fréquence de battement.

- Comme le dispositif s'amortit en raison des frottements, il faut une source d'énergie. Sur une comtoise, il s'agit de poids massifs accrochés à des cordelettes enroulées autour d'un cabestan. Sur une pendule plus compacte, il s'agit de "moteurs" à ressorts concentriques.

- Pour réguler le mouvement tout en l'alimentant en énergie, il faut un échappement à ancre, sorte de "transistor" mécanique. C'est l'échappement qui fait la pendule.

Ensuite il y a le mécanisme de sonnerie, une mécanique un peu plus compliquée (bras palpeurs, n'est-ce pas Tromer, et aussi une roue de compte).

Message Publié : dimanche 26 décembre 2010 à 13h08
Eh ben! ...et je suppose qu'on fera abstraction des effets de la rotation terrestre? (je plaisante: presque aussi nulle en physique qu'en économie).
Depuis l'épisode de la "pendule d'officier", je considère les quelques montres à gousset que j'ai récupérées avec une certaine curiosité. L'une d'entre elles, très petite (<2cm) fonctionne encore très bien mais s'arrête au bout d'une douzaine d'heure. C'est dommage, j'aimerais bien la garder avec moi. Soit, il y a trop de "frottements" (i.e saletés) ou le ressort s'est bien fatigué. :cool: