Nous l'avons entendue le 12 juin dernier au Théâtre des Champs-Élysées.
Avant ce soir là, je savais qu'elle était malade, mais je ne savais pas à quel point.
Elle devait jouer le 2e concerto de Chopin, mais des excuses ont été présentées avant son arrivée sur scène, car son état de santé ne lui ayant pas permis de le travailler suffisamment, elle allait jouer le concerto de Schumann, son vieux succès de toujours.
Arrivée soutenue par le chef d'orchestre et une canne, coiffée d'un foulard, l'avancement de sa maladie était tel qu'elle a dû soulever sa jambe droite à l'aide de ses mains pour la disposer en face de la pédale. Avec humour et le sourire, elle a alors annoncé : "c'est fait, OK".
Mais le concerto de Schumann était beaucoup trop physique pour son état de fatigue.
Comme pour se faire pardonner l'abandon du concerto de Chopin annoncé et remplacé, et certainement par peur de quitter la scène pour la dernière fois, elle est revenue, littéralement à bout de force, en fauteuil roulant, jouer le mouvement lent du concerto de Chopin.
Ce fut un pétrifiant grand moment de musique.